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Présentation

  • : Club du Chevron et Anciennes du Parc Régional du Vexin
  • : Le Club du Chevron et Anciennes du Parc Régional du Vexin, basé à Osny (95), rassemble des collectionneurs de voitures anciennes des alentours de l'agglomération de Cergy Pontoise.
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  • Club Multi marques de collectionneurs de voitures anciennes, basé à Osny dans le Val d'Oise. Réunion mensuelle le 1er dimanche matin du mois entre mars et octobre inclus de 9h à 12h30 au château de Grouchy (hôtel de ville d'Osny).
  • Club Multi marques de collectionneurs de voitures anciennes, basé à Osny dans le Val d'Oise. Réunion mensuelle le 1er dimanche matin du mois entre mars et octobre inclus de 9h à 12h30 au château de Grouchy (hôtel de ville d'Osny).
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Les Rendez-vous mensuels

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Notre Prochain rendez-vous mensuel au château de Grouchy à Osny sera pour l'année 2021

la date sera confirmée sur le blog quand la covid 19 nous le permettra

 

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Agenda 2020

19 Janvier 2020 : Assemblée Générale

5 au 9 Février 2020 : Rétromobile

10 Février 2020 : Exposition à l'ESSEC

1er Mars 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

7 et 8 Mars 2020 :  Salon champenois Reims

5 Avril 2020: Rassemblement Parc de Grouchy 

19 Avril 2020 :  Méry s/ Oise Exposition Méry Gourmand

3 Mai 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

16 Mai 2020 : Sortie en Beauvaisis

16 et 17 Mai 2020 : Bourse d'échanges Mantes la Jolie

7 Juin 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

21 Juin 2020 : Tacot-Evasion Lion's Club Grouchy Journée caritative 4ème édition

5 Juillet 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

2 Août 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

6 Septembre 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

19 et 20 Septembre 2020 : Patrimoine A définir

19 et 20 Septembre 2020 : Auto Moto Rétro Rouen

4 Octobre 2020 : Rassemblement Parc de Grouchy

6 Décembre 2020 : Téléthon

Et, de nombreux pique-niques selon météo

 

13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 08:13

📬 Les Femmes dans l'Automobile #9 - Les Filles de Brooklands

Des anglaises pas comme les autres... 

On imagine mal aujourd’hui quelle fut l’imprégnation des femmes dans l’actualité sportive automobile du début du vingtième siècle. Pour faire sa réclame, l’industrie automobile s’est très vite emparée de l’image de la femme, associant aux lignes des carrosseries les courbes d’une silhouette et d’un sourire féminins, dans la tentative toute commerciale de séduire le futur acquéreur. 

Mais les femmes ne se contentent pas de jouer ce rôle de mise en valeur toujours un peu niais mais accèdent très tôt à une place prépondérante et très active dans la liste des records de vitesse et d’endurance participant à la mise en avant des marques. Celles-ci ont vite compris l’intérêt économique et publicitaire de confier des volants à des équipages féminins. Les femmes vont donc concourir à égalité avec les hommes sur des engins dont la seule adaptation à leur supposée fragilité va être quelques coussins placés judicieusement pour atteindre les pédales ou le frein à main. 

Sur les circuits et sur les routes, les épreuves fleurissent à partir des années 20. Chaque pays a compris l’intérêt de multiplier celles-ci pour promouvoir la toute jeune production automobile. En Angleterre, Hugues Locke King, richissime propriétaire terrien, a créé en 1906  le circuit à virages relevés de Brooklands, premier circuit permanent au monde, où les marques vont pouvoir s’affronter. Dépressif, accablé par les difficultés financières d’un tel projet, c’est son épouse Ethel qui reprend le flambeau, lève de nouveaux fonds et achève le projet. Et c’est encore elle qui inaugure le circuit au volant de son Itala, avec son mari comme passager. Malgré son intervention efficace, les membres du Brooklands Automobile Racing Club interdisent très rapidement aux femmes l’accès au circuit. Devant les réactions à cette décision parfaitement arbitraire, à partir de 1908 sont organisées des courses réservées aux femmes dont le Ladies Bracelet Handicap. Huit femmes sont engagées dans la première édition dont Ethel Locke. Néanmoins le bureau du BARC reste inflexible jusqu’en 1920, date à laquelle les femmes sont autorisées à concourir, mais avec l’obligation d’être flanquée d’un chaperon-mécanicien. 

Ouverture circuit Ethel Locke

Chaque pays a désormais son circuit, ses rallyes et ses courses prestigieuses qui drainent les concurrents aux quatre coins de l’Europe, les Mille Miglia, le Mans, La Targa Florio, le Monte Carlo, le Grand Prix de Brooklands. Les femmes s’illustrent sur Bugatti, Maserati, Alfa Romeo, Hispano, Delage, Delahaye, Talbot, Amilcar, Daimler, Mercedes, Austin, Bentley qui n’hésitent plus à confier leur dernier modèle de course aux gentlewomen drivers. En 1933, en France, Peugeot organise à Montlhéry les Grandes Journées féminines en 301, sur 25 km. 

En 1929, la duchesse d’Uzès crée le Rallye Paris-Saint-Raphaël, accompagnée de l’expertise technique du comte de Rohan Chabot, avec l’Automobile Club du Var. Il s’agit d’une course de régularité au départ d’Orly, en plein hiver, qui se déroule sur quatre jours et trois étapes pour rejoindre la ville de Saint-Raphaël, se concluant par un concours d’élégance, féminité oblige. Nevers, Vichy, Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, puis la route Napoléon avec Sisteron, Manosque, Marseille, Toulon, Fréjus et enfin Saint-Raphaël. Les élégantes de la haute société européenne s’y pressent. Une partie du parcours se fait sur la neige et le verglas. En 1932, à quelques centaines de km du départ, cette épreuve coûtera la vie à la jeune Renée Friederich, fille du concessionnaire Bugatti de Nice, dont la Delage D8-S cabriolet percute violemment un arbre après avoir dérapé sur un plaque de verglas, épargnant son mécanicien. 

Paris - Saint RaphaëlRenée Friederich

Le rallye Monte Carlo, lancé depuis 1911, prend toute sa mesure. Le départ en plein hiver rend l’épreuve d’autant plus passionnante. Certains concurrents sont au volant de voitures découvertes … On imagine aisément l’inconfort ! Le point de départ s’il est commun, doit être rejoint à partir des différentes villes d’Europe dont sont originaires les concurrents. Bucarest, Varsovie, Athènes, Gibraltar, Palerme, Constantinople, Reims, Paris … Plusieurs concurrentes participent au rallye dès sa création. Les plus grands champions masculins sont présents et il n’est pas rare de voir les concurrentes se placer dans les dix premiers rangs à l’arrivée, indépendamment de la coupe des Dames spécialement créée à leur intention. 

Monte-Carlo /1Monte-Carlo 2Monte-Carlo 3

En Angleterre, c’est le Mille Miles RAC Rallye qui, au mois de mars, mènent plusieurs centaines de véhicules à travers tout le pays. Brooklands voit alors fleurir les talents féminins : à la mort de son époux, Ethel Locke qui reprend la direction du BARC abolit immédiatement l’interdiction faite aux femmes de concourir. Les jeunes femmes s’élancent alors sur le circuit avant d’aller briller au Monte Carlo, à la Coupe des Alpes en n’hésitant pas à  piloter de très grosses voitures, telle Margaret Allen avec sa Bentley 6,5 litres. 

Parmi elles, Fay Taylour (1904 – 1983) qui apprend à conduire une voiture à 12 ans. Elle commence par une carrière motocycliste, et débute à Brooklands en 1931 au volant d’une Talbot 105 affichant plus de 150 km/h de moyenne. L’année suivante, elle est seconde avec une Alfa Romeo Monza, mais aussitôt disqualifiée car visiblement ivre de joie par sa victoire, elle manque dans son enthousiasme d’écraser des officiels. Elle aurait déclaré que seul un homme plus résistant que  son volant de course serait susceptible de lui faire abandonner la compétition automobile… Ce qui visiblement ne fut pas le cas puisqu’elle participa à de nombreuses courses dans le monde entier. Sympathisante des Chemises Noires, maîtresse d’Oswald Mosley, leader fasciste britannique, elle est arrêtée en 1941 et passe trois ans en prison. En 1949, on la retrouve néanmoins sur les circuits affrontant de jeunes pilotes tels que Stirling Moss ou Peter Collins. 

Fay Taylour 1Fay Taylour 2Fay Taylour 3

Kay Petre (1903 – 1994) fait ses deux premiers podiums avec ses deux premières courses. Elle fut sans doute en Angleterre une des pilotes féminines la plus médiatisée. En 1933, elle débute sa carrière au volant d’une Bugatti 35C. Elle participe au Mans en 1934 sur une Riley Ulster avec Dorothy Champney. Elles forment le seul équipage exclusivement féminin et terminent première des dames et treizième sur 42 au classement général. Minuscule petite bonne femme de 1m47, Kay Petre s’était fait fabriquer un sorte de coussin-baquet qu’elle installait dans les véhicules qu’elle pilotait afin d’atteindre les pédales. En 1935, elle concourt pour le titre de la femme la plus rapide de Brooklands au volant d’une imposante Delage 10,7 litres 1924 qui affiche un record du tour à 134 mph … 215,65 km/h face à  Gwenda Hawkes sur Derby-Miller 1600 dont le silencieux explosa en cours d’épreuve. Celle-ci, acharnée et bien décidée à montrer ce que sa machine avait dans le ventre, et elle par la même occasion,  revint le lendemain et battit le record mais un peu tard. Néanmoins, elles acquièrent toutes deux le fameux écusson attestant qu’elles sont dépassé les 130 mph. 

On retrouve Kay au Mans l’année suivante au volant d’une Riley. Elle fait partie de l’équipe Austin. Pilotant une MG monoplace à la course de 500 Miles à Brooklands, elle est littéralement éperonnée par Reg Parnell qui dut confondre la course avec les jeux du cirque. En effet il n’est pas rare de voir ces messieurs se comporter en adversaire pas toujours très gentleman ce qui leur vaut des amendes et des peines d’interdiction de circuits. Dans le cas précis, Kay en sort gravement blessée mais vivante, et l’année qui suivit la vit fréquenter plus souvent les salles d’opérations de chirurgie réparatrice que les circuits. Le coupable quant à lui fut privé de courses pendant une année.  Kay ne retrouva plus sa dextérité de pilote et s’engagea désormais  dans des rallyes. Journaliste, elle devint consultante pour le choix des couleurs de carrosserie et de la sellerie chez Austin. On sait qu’elle aimait particulièrement accorder la  couleur de sa combinaison de pilote bleu ciel  à celle de ses voitures ; elle avait ainsi fait repeindre sa première Bugatti pour éviter toute faute de goût chromatique.

Kay Petre 1Kay Petre 2Kay Petre 3Kay Petre 4

Elsie « Bill » Wisdom (1904 – 1972) affublée d’un surnom masculin par ses frères aînés en raison de ses aptitudes à les suivre quel que soit l’enjeu, roule en Frazer – Nash ou avec la Leyland –Thomas de Lord Howe que lui offre son mari, automobile impressionnante de 7,2 litres de cylindrée qui donne des sueurs froides aux officiels de Brooklands. Ceux-ci lui interdisent de participer à la Three Laps Ladies Handicap Race et la contraignent à passer un test de pilotage malgré ses récentes victoires sur circuit ou en courses de côte. Ils sont finalement bien obligés de reconnaître ses compétences en la matière. D’ailleurs ce jour-là elle gagne la course. 
En 1932, elle remporte sur Riley 9 en équipe avec Joan Richmond le relais deux fois 12 heures et le Mille Miles devant tous les pilotes masculins et les équipes d’usines. Elle s’engage plusieurs fois au Mans, accompagnée de son mari qui reconnaît aisément qu’elle est bien meilleure pilote que lui. Quelques accidents douloureux dont elle se relève toujours avec vaillance émaillent son parcours. La Seconde Guerre Mondiale met un terme à sa carrière sur circuit comme pour la plupart et elle participe désormais entre 1949 et 1951 à la Coupe des Alpes et au Monte Carlo avec son époux. Il semble qu’un accident provoqué par un touriste en 1951 sonne le glas de sa carrière sportive bien remplie.

Elsie WisdomElsie Wisdom 2

Les succès éclatants de ces jeunes femmes dans cette première moitié du vingtième siècle démontrent à quel point la compétition automobile n’est pas un secteur réservé aux seuls pilotes masculins, malgré tous les efforts développés pour leur en barrer le chemin. 
On peut noter qu’elles ont souvent été accompagnées et soutenues par des hommes, amis, amants, mentors, industriels, époux qui croyaient infiniment en leurs compétences et qui n’hésitaient pas à mettre leur fortune et leur confiance à leur service, à reconnaître leur suprématie sportive et à inscrire ainsi leur patronyme sur la liste des grands pilotes automobiles du vingtième siècle.  

Merci à Marie-Catherine Ligny pour cet article 💪

Crédits photos : Brooklands Museum et National Portrait Gallery.

J.L

Article rédigé et publié par Mecanicus :  https://mecanicus.com/fr

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